Neuropsychologie de la dépression

Auteur: Michel Désert psychologue

Résumé: Les progrès récents en matière d'imagerie médicale (IRM, TEP-Scan) permettent d'observer le cerveau d'une personne dépressive et de le comparer avec celui de personnes en bonne santé

IRM d'un cerveau dépressifLes formidables progrès en matière d'imagerie médicale permettent aujourd'hui d'observer le cerveau de manière très précise, que cela soit du point de vue anatomique ou fonctionnel.

Des études assez récentes ont ainsi observé des cerveaux de personnes dépressives et les ont comparés avec des cerveaux de personnes en bonne santé. Les observations sont claires: les cerveaux de personnes dépressives présentent des particularités étonnantes.

L'hippocampe

L'hippocampe est très important dans notre équilibre émotionnel et cognitif: il régule le stress, l'anxiété, possède un rôle déterminant dans nos mémorisations et dans le fonctionnement global du cerveau. Chez le sujet dépressif, l'hippocampe est atrophié de manière parfois très importante.

Cortex préfrontal gauche (chez le droitier)

Il joue un rôle très important dans les prises de décisions, le passage à l'action. Il semble également être impliqué dans les émotions et les états d'esprit positifs. Chez un sujet sain, il est bien actif. L'observation du cortex préfrontal de personnes dépressives démontre une baisse importante de son activité.

L'amygdale

L'amygdale est une petite structure qui fait partie, avec l'hippocampe notamment, du système limbique. Elle est impliquée dans le traitement des émotions, et dans les comportements de réaction aux émotions négatives telles que la peur, et l'anxiété. L'activité de l'amygdale est elle-même régulée (stimulée ou freinée) par le cortex cérébral. Et chez les personnes dépressives (qui sont souvent très anxieuses), l'amygdale présente une suractivité.

D'autres dysfonctionnements cérébraux

Nous avons présenté ici quelques modifications observables au niveau du fonctionnement du cerveau. Il y en a bien d'autres. Comme par exemple les modifications liées aux neurotransmetteurs, essentiellement la sérotonine et la noradrénaline qui semblent impliquées également dans les problèmes dépressifs. Les quelques découvertes présentées ci-dessus ont pour intérêt en tous les cas de mettre en évidence des liens entre les symptômes de la dépression et des modifications de certaines régions du cerveau. Il reste à présent à déterminer clairement si ces modifications sont la cause ou la conséquence de la dépression. A moins que, comme souvent, ce soit "un petit peu des deux".

Retour au dossier Dépression