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expérience choquante avec un thérapeute

Auteur: Elisa le 25/08/2018 | Psychologie, professionnels, thérapies

Bonjour,

J'ai vu un psychologue durant trois mois, chaque semaine, dans le cadre d'une psychothérapie. L'objectif était avant tout de parler de soucis relationnels, en particulier au travail. J'ai en effet rencontré un problème assez violent de harcèlement de la part d'un groupe de personnes, dans un établissement où le management de la direction était défaillant et inégalitaire. Au fur et à mesure, nous avons été amenés à parler de mon conjoint, qui passe ses nerfs sur moi lorsqu'il rencontre un problème (stress au travail en particulier), devient agressif verbalement, m'ignore, voire même devient parfois physiquement menaçant si je tente de le recadrer. Nous avons aussi parlé de ma mère, qui nous prenait mes sœurs et moi comme bouc-émissaires lorsque nous étions enfants et adolescentes, et nous frappait si nous tentions de lui répondre ou de nous affirmer dans un sens qui allait contre elle ou contre ses conceptions.

Dans le cadre professionnel, j'ai de très bons rapports avec les directions, qui apprécient mon travail, mais ai été plusieurs fois prise en grippe ou pour cible par des salariés. Le processus est toujours le même : une ou deux personnes décrétent à mon arrivée que je suis incompétente ou « stupide », refusent de me laisser accomplir les tâches qui m'étaient attribuées, adoptent un comportement condescendant voire méprisant, modifient excessivement la moindre de mes réalisations... S'y ajoutent en général du dénigrement et des ragots. Il n'y a normalement pas d'effet « boule de neige » parmi les salariés, hormi donc une fois, où l'animosité d'une collègue s'est très vite transformée en harcèlement de groupe (8 personnes sur la trentaine que comptait l'établissement).

J'ai parlé au psychologue d'un constat régulier : ces personnes semblent en général frustrées, et sont « médiocres » voire même en échec professionnel ou en sursis au sein de l'établissement. Il s'agit en effet souvent de personnes qui souhaitent progresser hiérarchiquement mais n'y parviennent pas, ou qui sont bloquées sur un emploi inférieur à leur niveau de formation ou à leurs attentes en terme de « prestige » : de statut, de salaire, etc. Plus exactement, j'ai remarqué que les défauts qu'elles m'attribuaient (incompétence, stupidité, voire même parfois superficialité ou méchanceté) s'avéraient en fait être les leurs.

Et j'ai deux sœurs, qui rencontrent des soucis similaires au travail, en particulier l'une d'elle. Elle a d'ailleurs connu des problèmes de harcèlement au collège puis au lycée. Moi, non : si un enfant puis un ou deux adolescents ont effectivement tenté de me prendre pour cible, j'étais trop bien intégrée et ça ne « prenait » pas chez nos camarades de classe. Ces personnes passaient vite à autre chose (voire à quelqu'un d'autre).

Pour en venir au psychologue auquel j'ai fait part de ces problèmes : la quasi totalité des séances se sont déroulées avec bienveillance, à l'exception de deux et en particulier de la dernière, très étrange. Il s'est montré assez froid, voire désagréable (comportement que j'avais mis sur le compte de la fatigue, à quelques heures de ses vacances d'été : il avait les traits tirés, et semblait « saoulé » d'être là). Il a tenu à plusieurs reprises des propos que j'ai trouvé choquants et irrespectueux. Il a notamment sous-entendu que je m'étais présentée à lui de manière partielle, sous un jour qui me serait « favorable » mais dont il manquerait des éléments (négatifs). Il a ensuite suggéré que j'étais responsable des comportements agressifs de mon conjoint ; pas dans le sens d'une « répétition » des schémas d'enfance (dont nous avions déjà parlé lui et moi, et dont je n'ai pas spécialement de mal à admettre l'existence), mais dans le sens où j'aurais selon lui des manifestations impulsives soudaines, que je lui cacherais, des sortes de « passages à l'acte » agressifs contre mon conjoint (comme dans le cas des personnes en états limites). Il est également intervenu de manière très abrupte dans mon récit au moment où j'établissais un lien entre le comportement de mon conjoint et le fait que sa mère, au début de sa relation avec son père, avait exigé de ce dernier qu'il consulte un psychologue, car il était incapable de contenir sa colère voire se montrait « violent ». Le thérapeute m'a interrompu de manière brutale, un peu hostile, pour essayer de me faire dire que je parlais en fait de ma propre « agressivité » (que j'étais donc en pleine projection).

J'ai eu l'impression désagréable qu'il utilisait l'état un peu particulier et vulnérable dans lequel met la psychothérapie pour me « piéger » et me faire dire quelque chose qui, pourtant, est faux. Plus tôt encore lors de cette séance, il avait tenté de me faire dire que je serais « paranoïaque », et que les problèmes relationnels que j'ai rencontré ne sont pas réels et seraient en fait dus à de la « paranoïa ».

Jusqu'alors, il admettait que certaines personnes puissent constituer des bouc-émissaires, des « réceptacles » pour les frustrations des autres, en fonction de leur vécu et de leur personnalité (c'est même lui qui l'avait suggéré face à mon incompréhension vis à vis des problèmes rencontrés au travail). Et je suis une personne très calme, qui n'agresse pas autrui, n'élève même jamais la voix, et qui par réflexe se fait toujours toute petite. Et surtout, je n'ai jamais « agressé » ou attaqué mon conjoint ! Je saisis par ailleurs assez mal pourquoi j'irai donner spontanément 300 euros par mois à un thérapeute pour lui faire croire que je suis une tout autre personne, le manipuler et ne pas chercher à progresser. Je ne venais pas dans le cadre d'une obligation de soin ou à la demande de mon entourage ...

Je suis sortie très perturbée de cette dernière séance, et me suis retrouvée en état de choc les jours suivants : je pleurais, j'étais complètement déprimée et ne parvenais même plus à travailler. Je suis une personne globalement d'humeur égal, et j'avais pourtant soudainement peur d'être folle sans le savoir, ou d'être une personne qui risquait de le devenir un jour. Les quelques pages de mon journal intime dans les jours qui suivent cette séance ne me ressemblent pas : ce sont celles d'une personne soudainement dépressive, sidérée, qui broie du noir et a peur. Je suis choquée qu'un professionnel auquel on a fait confiance puisse soudainement se comporter ainsi, dans un tel cadre, et surtout, en sachant qu'il se passerait ensuite plus d'un mois sans que je puisse en parler avec lui ! (du fait des vacances). J'avais bien remarqué deux ou trois choses étranges lors des autres séances (il avait tenté les premières heures de parler de sa vie personnelle, m'avait proposé de le tutoyer). Et j'avais de temps à autre l'impression d'être jugée de manière exagérée, selon ses propres conceptions et valeurs, qui prenaient un peu trop de place à mon goût dans le cadre de l'exercice de sa profession. Ses conceptions et valeurs étaient d'ailleurs très caricaturales et manichéennes, de mon point de vue trop tranchées. Mais je progressais malgré tout et voyais les bons côtés, me disais qu'il fallait être un peu moins exigeante avec les gens, qu'on ne peut pas trouver le thérapeute parfait...

J'aimerais savoir si ce type de problème est souvent rapporté par des patients ? Comment dois-je réagir ? J'ai le sentiment que si je lui dis, ça ne fera qu'empirer les choses : il interprétera à nouveau mes propos n'importe comment, en sombrant dans la caricature et le manichéisme. Je lui avais fait part deux ou trois semaines avant de mes impressions quant au fait qu'il me jugeait de temps à autre, et il avait nié.

Existe t-il un organisme professionnel auquel ce type de comportements peut être rapporté ?

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psychothérapeute intégratif posté par jldeconinck pour Elisa
Posté le 31/08/2018 à 00:30:04

Bonjour Elisa,

C'est important que vous en parliez à votre psy, en reprenant les faits, vos émotions et ce que vous lui demandez.

Jl Deconinck
0032/476435761
Dunkerque

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expérience choquante avec un thérapeute posté par Elisa pour jldeconinck
Posté le 02/09/2018 à 16:55:23

Bonjour,

Merci pour votre réponse.

Le soucis est que ce praticien est parti sur une (voire des) hypothèse(s) erronée(s), et que, d'après ce que j'ai pu voir de sa pratique et de sa personnalité - il parle beaucoup de lui, veut toujours avoir raison - si je lui explique que son attitude me pose un problème, que ses déductions sont fausses et choquantes à mes yeux, il risque de l'interpréter d'une manière qui confortera ses idées. La séance étrange dont je parle s'est justement déroulée après lui avoir expliqué que j'avais ce sentiment qu'il me jugeait et m'enfermait dans "une case" réductrice, qui ne correspond pas à ma personnalité. Je suis convaincue que ses hypothèses bizarres découlent directement de cette conversation, durant laquelle je suis pourtant restée normale et calme, même si j'ai insisté.

Et ce sera la même chose si je décide d'arrêter notre travail ensemble : il en déduira qu'il avait raison en se basant sur le fait que les personnes dites en "états limites" (l'une de ses hypothèses à mon sujet) sont réputées arrêter brusquement leurs thérapies.

Je pense que je lui suis sous certains aspects "antipathique", parce que j'ai dis régulièrement des choses qui tranchent avec sa façon de vivre et ses conceptions. Il mélange une pratique qui doit relever des sciences humaines à ses principes moraux et politiques. Je vois bien ses réactions sur son visage quand je parle de mes conceptions (pourtant modérées) sur certains sujets. D'ailleurs il me contredit souvent dans ces moments là.

Et pour ma part je n'avais encore jamais entendu parler d'un psy qui soupçonne une patiente maltraitée psychologiquement par son conjoint d'être responsable de cette situation, de l'avoir, je cite, "provoqué". Ce sans même que j'ai fait état d'un quelconque comportement problématique ou bizarre de ma part un jour. Au delà du travail évidemment nécessaire pour repérer les mauvais choix amoureux d'un patient, lui éviter d'être dans la répétition, je trouve son attitude et ses propos dangereux et choquants. J'ai perdu du temps et mon argent avec ce charlatan. Je suis certaine qu'il ne se fait même pas superviser. Je préférerais trouver un nouveau psychologue ou psychothérapeute, avec lequel je pourrai poursuivre mon travail (et parler, aussi, de cette expérience).

Si je retourne le voir, à quoi dois-je m'attendre les prochaines fois ? L'entendre me suggérer que je serais schizophrène ? perverse-narcissique ? Bipolaire ? Je pense que ce type n'est pas fait pour être psy et est un danger public pour les personnes qui ne lui plaisent pas et ne lui ressemblent pas assez à son goût.

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Malaise malaise... posté par JiVé pour Elisa
Posté le 10/09/2018 à 08:28:47

Bonjour Elisa,

Je suis psychologue et le webmaster du site.

Je réponds bien évidemment sur base des éléments que vous communiquez et il faut donc lire ma réponse avec une certaine prudence bien sûr !

Je pense à vous lire que la confiance avec votre psychologue est rompue.

En gros nous avons deux hypothèses... la première c'est que votre psy met la pression sur un souci que vous portez et pour lequel vous vous montrez particulièrement défensive. Mouais... pas sûr Smiley. La seconde c'est qu'il y a un vrai problème qui s'est installé entre votre psy et vous. Maintenant, il serait intéressant de savoir si ce problème qui semble s'être installé entre lui et vous repose sur le même algorithme que les problèmes extérieurs à la thérapie pour lesquels vous veniez le voir.

Il existe en psychologie certaines techniques visant à pousser un peu les patients dans leur logique de fonctionnement, des techniques dites "provocatrices", mais je ne pense pas qu'il s'agisse de cela en l'occurrence. Ces techniques sont par ailleurs à utiliser avec beaucoup de précautions et pas avec tout le monde ni systématiquement.

Surtout ce qui me tracasse le plus, dirais-je, c'est de vous sentir déstabilisée par rapport à la situation. Votre psychothérapie est devenue un souci en plus plutôt qu'un lieu de soutien, particulièrement important dans les situations que vous vivez !

Certains psy travaillent avec une théorie de référence de laquelle ils sortent très difficilement. Ils tentent donc de vous y faire rentrer. D'autres par contre travaillent avec de nombreuses théories de référence et tentent d'adapter leur cadre théorique à votre situation. Peut-être votre psy fait-il partie de la première catégorie ??

Je pourrais lire aussi ce que l'on appelle en systémique des "escalades symétriques", c'est-à-dire des discussions argumentées où le psy et vous tentez chacun d'avoir raison et de prouver à l'autre qu'il se trompe. Situation bien problématique qui n'a aucune place dans une relation thérapeutique !!

Il me semble très clairement à vous lire que la possibilité d'aller voir quelqu'un d'autre doit être ici envisagée sérieusement. Vous devez vous sentir accueillie pour effectuer, en équipe, un travail qui vous mène vers une compréhension globale de la situation pour pouvoir poser des solutions à cette situation.

Concernant votre situation hors thérapie...

Parmi les hypothèses alternatives que je pourrais formuler vous concernant (sachant qu'il y a rarement une seule explication à un problème) c'est que vous êtes une femme très intelligente. Vous écrivez très bien, on pressent cette intelligence dans votre écriture. Et que cette intelligence que vous portez, en tant que femme, vous amène à des situations de confrontations agressives au travail. Cela est décrit par de nombreuses femmes à haut niveau intellectuel: elles suscitent des réactions agressives et sont perçues, sur le lieu de travail, comme menaçantes Smiley.

Quant à la maltraitance conjugale que vous décrivez, elle est d'abord et avant tout inacceptable. Il faut y mettre fin. Avec votre conjoint si possible (plan A) mais sans lui s'il refuse de bouger (plan B). Vous pourriez avoir dans cette maltraitance une part de responsabilité. Pourquoi pas ? Mais le but alors est surtout de la comprendre (si c'est le cas !!) pour corriger certaines attitudes. Pas pour vous pathologiser ou vous culpabiliser !

Ceci est une réponse sur un forum. Merci de la lire avec recul et circonspection bien sûr !

Jérôme Vermeulen

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Un titre relativement court et explicite posté par Elisa pour JiVé
Posté le 19/09/2018 à 19:19:33

Bonjour JiVé,

Excusez-moi de répondre assez tard. Oui, je crois effectivement qu'une incompréhension s'est installée entre ce thérapeute et moi. Et je suis effectivement habituée à susciter des réactions d'hostilité « irrationnelles », de manière très ponctuelle, chez certaines personnes. Il s'agit d'attributions de traits de caractère ou d'intentions incongrues, parfois de « malveillance », et qui ne correspondent pas à ce que je suis ni à mes actes. C'est en tout cas généralement négatif (voire très négatif). J'en parlais dans mon 1er message, en évoquant plusieurs expériences relationnelles problématiques au travail. Mais il s'agit généralement de personnes en échec, un peu « frustrées » par la vie, et pas franchement brillantes (et souvent portées sur les ragots en général - pas uniquement avec moi).

Rien à voir à priori avec la personnalité et le parcours de ce psy.

Ce qui est plus surprenant encore, c'est que notre relation avait étonnement bien débuté, avec je crois une très bonne entente, beaucoup d'estime pour l'un l'autre et une bonne « compréhension mutuelle »... mais que tout a semblé tourner d'un coup, très soudainement, au vinaigre. Il s'est montré étonnement enthousiaste et valorisant à mon égard dès le début, m'avait attribué au fil des séances un nombre important de qualités (hyper-empathie, sensibilité, innocence, intelligence puis « haut potentiel »...) puis est soudainement devenu soupçonneux voire hostile, et m'a d'une certaine façon « tout retiré ». Il s'est mis à me voir sous un jour négatif (d'où le fait que je parle d'une forme de « manichéisme » de sa part dans mon message précédent), et m'a donné l'impression de soudainement chercher des pathologies au moindre de mes propos, d'effectuer des « sur-interprétations » étranges.

Peut-être a t-il soudainement cru que je l'avais manipulé ? Etant donné les descriptions des patients « paranoïaques » et en états-limites disponibles sur internet, ce ne serait pas surprenant.

Un exemple terrible me revient à l'esprit en vous écrivant : je lui ai raconté lors de cette dernière séance que j'avais envie d'avoir un enfant, mais très peur de mal faire, de mal m'en occuper et de le rendre malheureux quand il serait adulte (comme l'ont fait mes parents avec mes soeurs et moi, quand j'y songe ?). Mais au lieu de se demander ce qui aurait pu me pousser à développer cette « croyance », ce blocage, le psy s'est mis à considérer que j'avais sans doute une pathologie qui pouvait effectivement nuire à un enfant, et à la chercher.

J'avais beaucoup progressé concernant ma confiance en moi grâce à cette thérapie, et j'ai senti soudainement que je risquais de tout perdre si je poursuivais avec lui. C'est horrible !

Je lui ai envoyé un court mail disant que je préférais changer de thérapeute, que nous n'étions pas faits pour effectuer ce travail ensemble, car on ne se comprend pas. Il a simplement répondu qu'il prenait note de mon envie d'arrêter. Je trouve que le fait qu'il n'ait même pas suggéré de faire un point en fin de thérapie comme cela se fait toujours laisse un peu perplexe. Je me suis aussi demandé s'il ne m'avait pas un peu poussé volontairement vers la sortie en se comportant mal lors de la dernière séance.

Oui j'envisage de poursuivre avec quelqu'un d'autre, afin d'en discuter tout d'abord (et surtout de ne pas perdre les acquis de cette première thérapie), puis de poursuivre le travail commencé. J'ai un rendez-vous la semaine prochaine.

Concernant les problèmes relationnels : je pense qu'ils ont souvent été causés par une certaine « jalousie », ou au moins par un sentiment d'insécurité, en particulier au travail, dans un milieu où les places sont rares et chères (les établissements culturels et artistiques). Se faire embaucher et monter dans les hiérarchies y est souvent compliqué, et encore aujourd'hui, un grand nombre de personnes y obtiennent leur poste grâce à du copinage, voire à des coucheries (dans le milieu du spectacle vivant en particulier). D'un point de vue purement technique, ces personnes ne sont parfois pas « légitimes » sur des postes qui exigent aujourd'hui des compétences et une formation... ce que des gens comme moi possèdent ! Et ces personnes le savent bien. Il s'agit aussi d'un milieu où on trouve un nombre important de personnes égocentriques voire histrioniques, très « théâtrales » (beaucoup plus que dans d'autres milieux je pense), qui désirent absolument attirer l'attention et entrent vite en compétition voire vont chercher à « éliminer » ceux qui leur feraient de l'ombre. J'avais d'ailleurs lu qu'il s'agissait du milieu professionnel dans lequel on dénombrait le plus de cas de harcèlement moral, ex-aequo avec les milieux des médias et de la politique. Ça ne m'étonne pas du tout.

Je crois aussi que mon parcours de vie atypique fait que je n'entre dans aucune des « cases » des gens, qui ne parviennent du coup pas à me catégoriser d'emblée. Certaines personnes ont peur des gens différents, ou deviennent tout simplement hostiles voire haineuses à leur contact, parfois sans même s'en rendre compte. Je pense aussi que je suis trop froide ou trop distante (mais je ne le fais pas exprès...), et que certaines personnes n'aiment pas ça et en déduisent des choses négatives, voire que j'aurais quelque chose à cacher (comme semble d'ailleurs l'avoir fait ce psy). Je crois plus globalement qu'il y a une répétition par rapport au comportement de mes parents, et que j'ai du mal à cerner en quoi mon propre comportement, la manière dont je me tiens ou dont j'interagis incitent au défoulement voire à l'agression. Certaines personnes ont d'une certaine façon l'air de « sentir » instinctivement qu'il y a une brèche...

Concernant mon conjoint : je lui ai demandé d'aller voir un psy pour parler de son agressivité, ce qu'il a accepté de faire. Il refuse que nous voyions un conseiller conjugal (ma première proposition), car il croit que celui-ci « prendra partie » pour moi. Je trouve que notre relation se passe mieux depuis que je suis allée voir un psy, car j'ose beaucoup plus lui tenir tête, le recadrer quand il dépasse les bornes et l'envoyer promener. Ce qui fait qu'il s'est calmé ces dernières semaines. Mais il reste constamment dans une sorte de « lutte pour le pouvoir » (dans le couple comme ailleurs : au travail, dans sa famille...) qui me fatigue et me laisse penser depuis plusieurs mois que je ne peux pas être sereine, « baisser ma garde », et que je devrais partir. Je me rends compte que son comportement ces dernières années m'a affaiblie en général, empêché de faire face convenablement aux problèmes à l'extérieur, car j'étais trop occupée à « lutter » face à ses attaques à la maison alors que cette dernière aurait dû être un lieu de ressources et de tranquillité ...

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En résumé posté par JiVé pour Elisa
Posté le 20/09/2018 à 08:21:45

Bonjour Elisa,

Vous aviez donc un souci professionnel et un souci relationnel pour lesquels vous êtes allée voir un psychologue. Ces deux problèmes de départ se sont donc doublés d'un problème supplémentaire... avec le psy. Cela ne veut absolument pas dire que le problème vienne de vous ! Quand bien même si c'était le cas, un psychologue est censé maîtriser ce type de configuration (un peu ce que Freud appelait le contre-transfert du psychologue).

Votre message rappelle surtout à quel point nous, psychologues, nous devons d'être super au taquet dans notre travail et dans notre façon de conduire et mener nos entretiens. Nos états d'âmes, nos éventuelles sautes d'humeur, nos valeurs personnelles ne doivent pas venir perturber les personnes, souvent vulnérables et en difficulté, qui viennent nous voir.

Comme dans tous les métiers cela dit, le dicton s'applique qui dit que ce ne sont pas toujours les cordonniers qui sont les mieux chaussés. Cela dit de manière très générale et sans préjuger à nouveau de la réalité de ce qui s'est vraiment joué entre votre psychologue et vous.

Que tout se passe bien avec le suivant. Vous me semblez à tout le moins avoir pris une sage décision.

Bien à vous !

Jérôme Vermeulen.

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Mon vécu/travail/thérapeute/mari posté par arobase pour Elisa
Posté le 13/09/2018 à 00:29:44

Bonjour Elisa,

1- Dépression suite à un rejet "muet" de l'Administration où je travaillais en C.D.D. depuis 10 ans - et où j'ai côtoyé une ribambelle de fainéant(e)s, lèche-bottes, mythomanes; ces personnes accueillaient toutes griffes dehors
la dernière arrivée.

2- Rencontres avec une psychiatre très compétente et expérimentée. Motivée surtout. Elle m'a beaucoup apporté mais des failles sont apparues petit-à-petit. Ce docteur parlait tout de même souvent...d'elle et de ses problèmes professionnels. Lorsque je relatais des troubles physiques, j'ai entendu: "Vous êtes hypocondriaque".

Sur ce dernier point, elle se trompait car entre-temps un cancer du sein est apparu. J'ai déposé les compte-rendus du Centre Anti Cancereux à son secrétariat.

3- Concernant les problèmes de "mari" cette psychiatre m'a décomplexée, elle a déclaré que très peu d'hommes se remettent en question, d'où le "machisme" que beaucoup nous oppose.

4- Actuellement, une psychologue "de soutien aux cancéreux" s'occupe de moi.

Bonne route Elisa et merci à qui aura lu mon témoignage!

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