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Une discussion initiée par coin, membre actif, le 28/12/2025 à 19:11.
Salle de discussion: Dépression, solitude, tristesse, désespoir, suicide


Bonjour à tous,je me suis inscrit ici car je cherchais un forum où je pourrais avoir des avis éclairés sur ma situation. Au préalable, je voudrais préciser que j'ai vu plusieurs psy, j'ai cessé de voir celle que j'ai vu dernièrement car j'ai l'impression d'ouvrir la boite de Pandore et c'est un peu compliqué pour moi.

Je vais essayer de tout expliquer mais cela ne va pas être facile, il y a beaucoup de choses à dire. Par contre, ce que je vais dire ici n'est pas facile à lire par moment, je préfère vous prévenir.

Je suis le plus petit d'une fratrie de trois garçons.

Il y a moi, je plus jeune, j'ai la quarantaine passée.

Mon frère que j'appellerais Cédric, qui a trois ans de plus que moi et mon autre frère, que j'appellerais Frédéric, qui a six ans de plus que moi.

Lorsque j'avais quatre ans, mon papa et ma maman se sont séparés. Ma maman est partie de la maison et nous a laissé à notre papa car c'est lui qui était propriétaire de la maison. Frédéric, le plus grand de mes frères, avait 10 ans. Un de mes oncles l'a violé alors que moi et mon autre frère Cédric étions dans la même pièce. Je n'en ai pas gardé de souvenir mais peut-être que Cédric a été impacté puisque lui avait déjà 7 ans.

Ensuite, mon papa a rencontré une femme, que j'appellerais ma "mère". Elle s'était séparée de son ancien mari qui était violent avec elle et elle est venue s'installer dans la maison de famille avec ses deux filles qui avaient quelques années de plus que moi.

Cédric était un enfant "violent" et qui avait des problèmes que je pourrais peut-être qualifier de troubles autistiques, mais sans aucunes certitudes car je ne suis pas compétent dans ce domaine. Notre "mère" nous considérait comme ses propres enfants, elle nous a élevé, elle allait de petits boulots en petits boulots, mon papa était souvent parti car très pris par ses diverses occupations. Il a toujours considéré que la famille était importante, il a toujours été là lorsque nous le sollicitions mais il a aussi été souvent absent. Il mélange nos prénoms, un jour je l'ai appelé depuis mon lycée pour qu'il vienne me chercher et il est allé me chercher dans un collège dans une ville voisine.

Notre "mère" avait tendance à nous coller des gifles à moi et à Cédric. C'était dans mes souvenirs assez fréquent. C'était pour nous punir lorsque nous faisions des bêtises, moi c'était surtout parce que je mentais beaucoup, mais je crois que je mentais parce que j'étais terrifié de recevoir des gifles, alors j'avais du mal à assumer mes bêtises. Je parles de bêtises, mais je n'ai pourtant jamais été un enfant difficile. J'ai même toujours été quelqu'un de gentil.

Lorsque je demande autour de moi à mes ami-e-s si ils/elles ont déjà reçu des gifles de leurs parents, à chaque fois les personnes questionnées peuvent me donner le nombre de gifles qu'elles ont reçues et ça se compte sur le doigt d'une main. Dans mon cas, il m'est impossible de donner un chiffre précis, j'ai souvenir que c'était fréquent. J'ai aussi souvenir du visage de notre "mère" lorsqu'elle me giflait, c'était un regard furieux, haineux. Il n'y a pas si longtemps, deux de mes oncles ont commencé à s'embrouiller, elle s'est interposée et à menacer de coller une gifle à l'un d'entre eux, j'ai reconnu exactement la même expression de haine sur son visage.

Je ne me rappelle plus exactement de toutes les gifles que j'ai reçues, mais j'ai un souvenir très net d'une des fois où c'est arrivé. Nous étions dehors entrain de nous promener, elle me dit qu'elle va devoir s'absenter faire des courses. Pour plaisanter je lui dis "ha chouette" et là elle me gifle. En réalité, cette plaisanterie était un peu une vérité car j'espérais toujours qu'elle doivent s'en aller de la maison. Faire des courses, aller voir une voisine, peu importe, quand elle s'absentait je me sentais libre et soulagé. Je me rappelle aussi que lorsque j'étais enfant, j'avais à plusieurs reprises pensé à appeler un numéro d'aide pour enfance maltraitée. Je ne l'ai jamais fait mais ça montre que j'avais conscience de vivre des violences.

Au collège, je subissais aussi des violences. J'ai subi le harcèlement scolaire de mon début jusqu'à la fin de ma scolarité. Je subissais des violences physiques, des moqueries, des brimades... Je me souviens d'un jour en cours de musique, un "camarade" de classe me provoquait, j'ai finis par me retourner pour lui répondre, il s'est lever subitement, a poussé les tables, m'a empoigné par le col et m'a jeté à terre. Une fois à terre, il m'a tapé dans la tête avec des dock marteens, sous le regard médusé de la prof en état de sidération. Plus tard dans la journée, une des surveillantes m'a demandé d'aller vers lui pour le pardonner. Je n'en avais pas envie mais j'avais peur des représailles et l'histoire a été étouffée comme ça...

Lorsque j'avais huit ans, je revenais de vacances chez ma grand mère, mon frère Cédric et les filles de notre "mère" m'ont dit qu'ils avaient trouvé un jeu. Le jeu consistait à ce que moi ou mon frère nous enfermions dans la chambre avec une des deux filles et nous nous allongions nu l'un sur l'autre pour nous frotter. Il s'agissait de relations sexuelles. J'avais huit ans, la plus âgée des deux filles en avait 14. C'est quelque chose que je regrette beaucoup, ce n'était pas normal du tout. Et le pire était qu'on passait l'un après l'autre. Quand j'y repense aujourd'hui, c'était glauque au possible et ça a pollué ma fantasmatique.

Plus tard, lorsque j'avais 14 ou 15 ans, c'est l'oncle qui a violé mon plus grand frère qui s'en est pris à moi. Nous étions chez ma grand mère, lui faisait des travaux d'électricité dans le chais et comme c'était les vacances d'été, je l'aidais. Je ne savais pas ce qu'il pouvait être. Un jour à midi, alors que nous allions nous mettre à table, il m'a demandé si je savais comment on faisait les bébés. J'étais gêné par la question, la sexualité était quelque chose de tabou pour moi. Par exemple, je me cachais les yeux lorsque j'étais en présence de l'image d'une femme dénudée et que je n'étais pas seul (la télé par exemple). Donc c'est quelque chose dont je ne voulais pas parler. Il a insisté et m'a dit "tu sais, tes cousines elles, elles savent !" (en parlant de ses filles). Après le repas, il m'a emmené dans la douche en prétextant que mes parents lui avaient dit que j'avais une mauvaise hygiène. Comme beaucoup d'ados, je ne prenais pas des douches très régulièrement à l'époque, donc ça paraissait plausible. Je n'ai pas souvenir qu'il m'ai fait des choses dans la douches mais je me souviens qu'il m'a regardé me doucher. Enfin, le soir, il est venu me voir alors que j'étais au lit et que je dormais nu sous les draps et couverture. Il a prétexté qu'il voulait voir si j'avais des poils et tirait sur la couverture pour me mettre nu. Je tirais la couverture à moi pour me protéger et au bout d'un moment il a abandonné. Le lendemain, il m'a donné un billet pour soit-disant me remercier de l'avoir aidé à refaire l'électricité, moi j'ai pris ça comme l'achat de mon silence.

C'est resté larvé dans mon inconscient, et puis un jour, c'est ressorti. Alors j'ai alerté la famille, ça a foutu un peu le bordel, mon papa et ma "mère" ont pris ma défense.

Il y a plusieurs choses qui sont compliquées pour moi lorsque je veux faire le point :

- Lorsque j'étais au collège et que je subissais le harcèlement, je culpabilise un peu car j'étais susceptible. C'est comme si une partie de moi se dit que j'étais un peu fautif de me faire harceler. Et puis devant l’inefficacité des adultes qui étaient sensés me protéger au collège, j'ai eu tendance à exagérer ce que je vivais dans l'espoir d'être entendu. C'est devenu systémique de sorte qu'aujourd'hui encore je ne sais plus si je peux vraiment faire confiance à mes ressentis, mes pensées, ou si j'exagère et dramatise les choses. Et comme je n'aime pas accuser à tort, que je n'aime pas l'injustice, je ne sais pas si je peux reprocher un comportement maltraitant de la part de ma "mère".

- Je crois que mon comportement aujourd'hui est influencé par ce que j'ai vécu à l'enfance et qu'on m'a privé de la vie que j'aurais dû avoir normalement. Cela me plonge dans une tristesse et je pense pouvoir dire une déprime. Aujourd'hui je suis célibataire, je vis dans un tout petit appartement de 26m2 (dont je suis propriétaire par contre), je fuis les conflits car j'ai l'impression que si il y a conflit, c'est que la relation est finie, cassée. Je me définis comme homosexuel, j'ai déjà eu des relations qui m'ont laissées penser que je l'étais réellement, mais jamais de relations qui ont durées plus de deux ou trois mois gros maximum. Et aujourd'hui je me suis complètement isolé de ça. J'ai des doutes sur ma propre orientation sexuelle. Je ne me sens pas attiré par les hommes de mon âge, je me sens plutôt attiré par les jeunes hommes beaucoup plus jeunes que moi (genre la vingtaine) et ça me fait honte. J'ai bien essayé d'avoir une relation avec un homme un peu plus vieux que moi, mais j'ai eu l'impression d'avoir été "utilisé", j'ai eu du mal avec ça.

- Si on regarde les apparences de la famille dans laquelle j'étais lorsque j'étais gamin et ados, il y avait le papa toujours parti mais pour rendre service à la collectivité, celui que tout le monde trouvait sérieux, compétent, qui rendait service à tout le monde. Il y avait la mère courage qui tenait la maison, élevait cinq enfants dont trois qui n'étaient pas à elle, qui galérait de petits boulots en petits boulots. Elle avait aussi du psoriasis qui pouvait créer des poussées lorsqu'elle était contrariée. Donc difficile de lui faire le moindre reproche... et tout ça fait que mon "conscient" avait l'impression que ma famille était une bonne famille, pas parfaite, mais normale et correcte, et mon "inconscient" savait que ça n'allait pas. Et puis j'aimerais en parler à ma "mère" pour qu'elle comprenne que ce qu'elle faisait n'était pas correct, parce que j'ai envie aussi de casser le piédestal sur lequel elle repose, mais d'un autre côté j'ai l'impression que ce serait méchant de ma part et déloyal. Et puis je pense qu'elle serait dans le déni parce que je suis persuadé que pour elle, elle s'est bien occupée de nous.

Mais pour autant, moi je ne vais pas bien, et surtout mon frère Cédric lui, c'est la cata !

Il a beaucoup de ressentiments contre notre maman, contre notre "mère", et j'en passe. On ne se parle pas, il est très désagréable avec nous. Il est en souffrance et rumine constamment sans dire les choses. On en parle beaucoup pour essayer de comprendre, notre "mère" voudrait comprendre mais il faudrait que je lui dise des choses qu'elle aura beaucoup de mal à entendre et qui vont être douloureuses. Je crois que j'ai des clefs qui pourraient aider à comprendre mon frère.

Une psy m'avait dit qu'à l'époque, si les services sociaux avaient été au courant de ce qu'il se passait dans notre famille, j'aurais été écarté et placé. Mon papa a retrouvé justement une assistante sociale qui était venue au domicile lorsque mon frère Cédric était en crise et avait fait des fugues, j'ai pu récupérer son contact et je vais échanger avec elle pour peut-être avoir quelques réponses. La première question que je lui poserais, c'est si ils avaient soupçonné qu'il pouvait y avoir des problèmes de maltraitance.

Voilà, ça fait beaucoup de choses, j'ai choisi de mettre mon message dans cette rubrique car je me sens déprimé là...

Merci de m'avoir lu Smiley



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