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L'effet du passant: plus ils y a de témoins, moins on est secouru!

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Résumé: L'effet du passant ou pourquoi nous avons plus de chances d'être secouru en présence d'un seul témoin que de plusieurs.

Suite aux passions déclenchées par l'affaire Kitty Genovese (photo ci-contre), les psychologues Latané et Darley ont réalisé plusieurs recherches afin de déterminer ce qui avait bien pu conduire à la passivité des nombreux témoins de cette agression. En tant que psychologues sociaux, ils sont partis du postulat que n'importe qui aurait pu se comporter comme ces témoins et que l'explication de leur inaction pouvait se trouver dans la situation à laquelle ceux-ci avaient été confrontés.

Sur base de leur travaux, Latané et Darley ont mis en évidence plusieurs étapes qui doivent être franchies avant de décider de venir en aide à une personne en difficulté:

  • tout d'abord, il faut remarquer qu'il se passe quelque chose d'anormal et l'identifier comme une situation d'urgence. Souvent, les situations sont ambiguës, il n'est pas clair qu'il s'agit d'une urgence. Et, par peur du ridicule, nous craignons de réagir comme s'il s'agissait d'une situation grave alors que ce n'est pas le cas, ce qui nous ferait passer des gens qui paniquent facilement ou qui se mêlent des affaires des autres. Ainsi, lors du procès qui a suivi l'affaire Kitty Genovese, il s'est avéré qu'un certain nombre de témoins avaient certes entendu des cris ou vu la scène mais n'étaient pas certaines qu'il s'agissait d'une agression: il faisait sombre, l'agresseur dissimulait son couteau, s'agissait-il d'une agression ou d'un couple qui se disputait?
  • les effets de ce phénomène d'ambiguïté sont décuplés lorsqu'il y a plusieurs témoins de la scène: dans ce cas, nous avons tendance à observer les autres avec l'idée que "si ce qui est en train de se passer est grave, quelqu'un va réagir". Malheureusement, la situation est sans doute aussi ambiguë pour les autres, et le risque est grand que chacun reste passif tout en guettant une réaction chez les autres. Et personne ne réagit... C'est ce que les psychologues appellent "l'ignorance collective".
  • Ensuite, même si nous avons identifié que nous sommes face à une situation d'urgence, pour décider d'intervenir il faut encore se sentir responsable de le faire! Et ici aussi, plus il y aura de témoins, moins nous nous sentirons personnellement responsable d'agir: "Bah, parmi tous ces gens, il y a bien qui vont appeler la police, inutile que nous soyons 30 à le faire".

Ensemble, cette déresponsabilisation et l'ignorance collective constituent ce que les psychologues Latané et Darley ont appelé "l'effet du passant".